Enfants de Don Quichotte : le tribunal reporte sa décision
Publié le 11 mai 2007
Les juges ont décidé de ne rendre leur décision que mardi 17 mai. Ils attendraient de voir si la mairie réaménage les préfabriqués de l’île du Ramier, comme elle l’a annoncé.
Les Enfants de Don Quichotte (EDQ) ont gagné. Du temps. Convoqués jeudi matin au tribunal de grande instance de Toulouse, on a appris à l’issue de l’audience que la justice reportait sa décision à mardi 17 mai.
Cette mise en délibéré met les EDQ à l’abri de toute expulsion des allées François Verdier jusqu’à mardi. La mairie de Toulouse avait saisi vendredi dernier en référé le tribunal de grande instance pour occupation illégale du domaine public. Selon Henri, un « bien logé » bénévole sur le camp, la ville a été partiellement désavouée par la justice : « Ils voulaient un jugement en urgence pour faire place propre avant les cérémonies du 8-Mai, et déjà le TGI avait refusé d’accélérer la cadence. Et aujourd’hui, les juges reportent encore leur décision. La mairie annonce vouloir réaménager les préfabriqués du Ramier, les travaux doivent se faire vendredi. La justice attend de voir si c’est le cas pour rendre sa décision ».
Hôtel et préfabriqués. Mercredi matin, lors d’une réunion, l’association, la mairie, la préfecture et la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDAS) s’étaient entendues sur une solution proposée par la ville et portant sur le logement des vingt-cinq dernières personnes du campement. Il s’agissait de reloger treize personnes à l’hôtel et douze autres dans les préfabriqués du Ramier.
Habituellement destinés à l’accueil d’urgence en hiver, les bungalows sont pour l’instant des dortoirs. Une configuration que refusent les SDF qui aspirent à un minimum d’intimité. Des cloisons – qui n’iront toutefois pas jusqu’au plafond, soit-disant pour des raisons de sécurité – devraient être montées, permettant de séparer l’espace en huit chambres individuelles et deux doubles. Cette solution a été acceptée par les sans-logis. Sur les cinquante-deux personnes du campement, une quinzaine de situations ont été individuellement résolues tandis qu’une dizaine de sans-abri ont quitté le campement.
« Si les nuits d’hôtels sont actées et si le Ramier est réaménagé, nous partirons sans heurt, a promis jeudi Florian Bricaud, l’un des porte-parole de l’association toulousaine. Mais nous ne nous en irons pas tant que tout le monde n’aura pas de solution. »
Elodie Touret
Contre la montre La journée aura été longue devant le TGI. Les EDQ étaient convoqués à 9h30. Une cinquantaine de personnes, bénévoles, journalistes et soutiens étaient à l’heure… Mais pas les juges qui ont commencé par reporter l’audience à 11h30. La plupart des personnes présentes ont tenu bon. Puis on nous a annoncé que l’audience n’aurait sans doute pas lieu avant 13 heures… Qu’à cela ne tienne, un sandwich, de la bonne humeur et du soleil, on a le temps ! À 13 heures, les convoqués sont appelés. Et les policiers présents à la grille annoncent que la salle est trop petite et ne pourra accueillir que cinq personnes supplémentaires. Priorité aux anciens du campement, qui ont été relogés mais continuent à soutenir leurs compagnons. Puis quelques autres personnes se frayent un chemin, dont des journalistes. Finalement, une douzaine de personnes en plus des convoqués accèderont à la salle, et uniquement deux journalistes en insistant. Le temps d’une journée, les aiguilles de l’horloge auront remplacé les moulins à vent. ET
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Contre la montre La journée aura été longue devant le TGI. Les EDQ étaient convoqués à 9h30. Une cinquantaine de personnes, bénévoles, journalistes et soutiens étaient à l’heure… Mais pas les juges qui ont commencé par reporter l’audience à 11h30. La plupart des personnes présentes ont tenu bon. Puis on nous a annoncé que l’audience n’aurait sans doute pas lieu avant 13 heures… Qu’à cela ne tienne, un sandwich, de la bonne humeur et du soleil, on a le temps ! À 13 heures, les convoqués sont appelés. Et les policiers présents à la grille annoncent que la salle est trop petite et ne pourra accueillir que cinq personnes supplémentaires. Priorité aux anciens du campement, qui ont été relogés mais continuent à soutenir leurs compagnons. Puis quelques autres personnes se frayent un chemin, dont des journalistes. Finalement, une douzaine de personnes en plus des convoqués accèderont à la salle, et uniquement deux journalistes en insistant. Le temps d’une journée, les aiguilles de l’horloge auront remplacé les moulins à vent. ET