Traces et empreintes des républicains espagnols à Toulouse
Publié le 4 février 2009
C’était il y a 70 ans. Quelques 500 000 Espagnols traversent la frontière et arrivent à Toulouse. Aujourd’hui, leurs enfants et petits-enfants font redécouvrir aux Toulousains ce qu’a été la Retirada et son impact sur la ville rose.
« Certains témoins racontent leur épopée avec leurs yeux et leurs jambes d’enfants ». Annie Rieu, membre très actif de l’association Itinéraires Recherches et Initiatives du Sud (IRIS) décrit la semaine à venir.
En effet, lundi 9 février marquera le lancement d’une semaine dédiée à la Retirada espagnole. La Retirada ? Un épisode douloureux pour l’Espagne qui a vu plusieurs milliers de ses habitants fuir leur terre parce qu’ils étaient républicains et que les phalanges de Franco semaient la terreur. « Ce n’est pas une commémoration, car nos parents et nos grands-parents ont été vaincus. C’est une défaite », explique Annie Rieu sur un ton volontaire.
De la souffrance, elle ne le cache pas, mais il n’est pas question de s’apitoyer sur son sort. Il s’agit plutôt de pallier aux lacunes des livres d’Histoire. « On ne parle pas de cet épisode de l’Histoire, ni des différents exils économiques espagnols à Toulouse ». Or ces nouveaux venus ont marqué durablement l’identité culturelle de la ville. Ils ont apporté la Cinémathèque, la Casal Catala, l’hôpital Varsovia (actuel hôpital Joseph Ducuing) comme le décrit le président de l’IRIS, Progresso Marin.
« Il reste encore beaucoup de travail à faire »
La manifestation intitulée « 70 ans après la Retirada : Traces et empreintes des républicains Espagnols à Toulouse » est aussi l’occasion d’évoquer la vie des immigrés, les anciens comme les contemporains.
Annie Rieu, chercheuse au CNRS, se penche largement sur cette question. Elle tente de décrypter le rôle des femmes dans ces moments importants de l’histoire. Et elle sait de quoi elle parle. Sa famille habitait la Catalogne dans les années 1930. Puis ça a été l’exil « parce que mon grand-père était condamné à mort pour ses idées politiques » précise Annie. Arrivée plus ou moins par hasard dans l’Ariège, la famille attendra sa grand-mère, qui n’arrivera jamais.
Les membres de l’IRIS sont souvent des enfants ou petits-enfants d’immigrés Espagnols. Mais ils n’organisent pas une fête privée. « Nous voulons faire connaître l’héritage espagnol de Toulouse et cette histoire aux Toulousains mais aussi aux non Toulousains » précise Annie Rieu.
Les expositions et autres manifestations sont en effet adressées à toutes les générations, et à tout le monde. Pas besoin de savoir parler espagnol ou catalan : tout est en français. Et heureusement ! Une exposition de documents exclusifs et des témoins prêts à partager leur vécu vous attendent au MJC-Roguet ; l’un des principaux soutiens de la manifestation.
Renseignements : MJC-Roguet Saint-Cyprien 9, rue de Gascogne 31300 Toulouse
05.61.77.26.00
mjc.roguet wanadoo.fr ou espanalibertad free.fr
Le Programme :
