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Nucléaire

Démission des Amis de la Terre de la Commission Locale d’Information de Golfech

La lettre ouverte adressée au président de la CLI, Alexis Calafat

23 octobre 2007

LETTRE OUVERTE DES AMIS DE LA TERRE MIDI-PYRENEES A M. ALEXIS CALAFAT, PRESIDENT DE LA CLI DE GOLFECH

Monsieur le président de la CLI,

Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées sont membres de la Commission Locale d’information auprès du Centre de production d’électricité nucléaire de Golfech depuis des années.

Pendant le temps où ils ont siégé à la CLI de Golfech, les ATMP :
- ont diffusé, le plus largement qu’il leur était possible, les informations que la CLI recevait et qu’elle ne divulguait pas au grand public ;
- ont mis en garde régulièrement les riverains de la centrale de Golfech et, plus largement, les populations de la région, agglomération toulousaine comprise, contre les effets de la pollution radioactive, chimique et bactériologique due au fonctionnement de la centrale et occultée par EDF ;
- ont rempli une mission pédagogique, que la CLI aurait dû assumer, en révélant quelles menaces effrayantes l’industrie nucléaire civile et militaire française fait peser, en permanence, sur notre pays et sur le monde ;
- ont mis en évidence la soumission scandaleuse d ’ une importante majorité des hommes politiques français au lobby nucléaire mondial ;
- ont demandé, sans relâche et sans succès, la création d’une sous-commission de la CLI qui serait chargée d’élaborer des scénarios de sortie rapide ou très rapide du nucléaire en France.

Les ATMP constatent aujourd’hui que leur action au sein de la CLI de Golfech a été vaine et, ce qui est bien pire, qu’au cours de la décennie écoulée, les instances responsables de la CLI de Golfech se sont progressivement et totalement inféodées à la nucléocratie.

Citons deux événements qui témoignent de la servilité croissante des instances de la CLI vis à vis du lobby nucléaire.
Tout d’abord, la participation enthousiaste de la CLI de Golfech aux PPI (Plans particuliers d’intervention) organisés par la Préfecture, qui ont pour but évident d’accoutumer les riverains de la centrale nucléaire à l’idée qu’un accident nucléaire gravissime dans cette centrale n’est plus improbable et serait « gérable ».
Ensuite, au mois de mai dernier, l’organisation, par la CLI de Golfech et l’Association nationale des CLI, d’un séminaire sur le thème « Territoires et post-accident nucléaire », lors duquel fut présentée une étude-pilote lancée en 2004 par la nucléocratie pour déterminer la stratégie optimale à mettre en œuvre afin de « réadapter » les territoires contaminés et leurs habitants après une catastrophe nucléaire majeure, en considérant la situation actuelle en Biélorussie – d ’ ailleurs très largement minimisée - comme le retour d’une expérience qui se déroula, le 26 avril 1986, à Tchernobyl…

Les ATMP estiment donc que leur représentation à la CLI de Golfech n’a désormais plus de sens.

Il y a vingt ans déjà, les ATMP avaient demandé aux pouvoirs publics de prendre les mesures qui s’imposaient pour protéger la population de l’agglomération toulousaine contre le danger énorme que représentait pour elle la proximité du pôle industriel Sud de Toulouse.

L’explosion de l’usine AZF, le 21 septembre 2001, a prouvé que les mises en garde des ATMP, volontairement ignorées ou négligées par les pouvoirs publics, étaient pleinement justifiées.

Aujourd’hui, en démissionnant de la CLI de Golfech, les ATMP veulent signifier, sans ambiguïté, qu’ils refusent de cautionner les dérives criminelles de la nucléocratie et que, pour eux, seuls les promoteurs du nucléaire et la classe politique qui leur obéit servilement devront être tenus pour responsables dans le cas, hélas probable, où une catastrophe nucléaire majeure se produirait en France dans les années à venir.

Alain Ciekanski Président des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées