Accueil > Actus du réseau

Grenelle de l’environnement

« Le Grenelle citoyen 31 » demande un moratoire sur les incinérateurs

Face aux risques sanitaires et environnementaux, ils prônent des alternatives

9 octobre 2007

Dans le cadre du « Grenelle citoyens », les Amis de la Terre, Attac, Green Peace Toulouse et Eau-Secours 31 demandent un moratoire sur les incinérateurs sur la région. Le collectif a ainsi remis un rapport, coordonné notamment par le professeur Belpomme, dénonçant ces incinérateurs aux responsables politiques des collectivités territoriales. Ce rapport peut-être téléchargé ci-dessous

L’urgence écologique est aujourd’hui reconnue par la plupart des responsables politiques, des scientifiques et de la population. La politique de gestion des déchets est un élément important sur lequel nous pouvons agir.

C’est pourquoi toutes les associations regroupées dans le cadre du Grenelle de l’environnement dans « l’alliance pour la planète » prônent un moratoire sur les incinérateurs au même titre que trois autres moratoires, sur les OGM, le nucléaire et la construction de nouvelles voies autoroutières.

La France détient le triste record d’incinérateurs d’ordures ménagères en Europe, et est le second au monde après le Japon, au détriment de méthodes alternatives. Pourtant il existe des risques sanitaires et environnementaux reconnus, tant lors de l’incinération que de l’utilisation des matériaux résiduels. Pourtant, le coût énergétique est déplorable. Pourtant, il existe de grands intérêts socioéconomiques à privilégier des méthodes alternatives.

Souvent les responsables des collectivités sont confrontés dans leur choix à des forces de pression contradictoires, celle des industriels de l’incinération, des cimentiers, et celle des associations de citoyens. Souvent, c’est le Préfet qui tranche soumis à la pression du lobby des multinationales des services délégués. Ainsi, les élus et responsables administratifs des collectivités assument une décision impopulaire, dangereuse de surcroît.

L’incinérateur est en fait un brûlot géant duquel s’échappent de très nombreuses substances toxiques et/ou cancérigènes : particules carbonées, gaz acides (SO2), chlorure et fluorure d’hydrogène (HCl et HF), oxyde d’azote (NOx), monoxyde de carbone (CO), gaz carbonique (CO2), gaz à effet de serre, métaux dits lourds (cadmium, thallium, plomb, mercure, etc.), substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), telles que dioxines, furanes, PCB et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ainsi que nombreux composés organiques volatils aux effets mal connus. Ces substances se retrouvent soit dans les fumées soit dans les résidus solides (mâchefers).

La mise aux normes pour les dioxines et les métaux lourds ne signifie donc en aucun cas la disparition des risques sanitaires et environnementaux.

Citons par exemple l’acidification des écosystèmes, la toxicité respiratoire et cardiovasculaire, l’émission des CMR, etc.

Entre autre, l’utilisation de mâchefers comme sous couche pour la construction des routes ou de remblais doit être immédiatement interdit.

D’autres méthodes existent, la non production de déchets ménagers (un kilo par jour et par personne…), le tri à la source, e tri second de type mécano biologique, le traitement des déchets résiduels avec méthanisation.

L’exemple de Toulouse et la région est significatif : destruction des méthaniseurs il y a quelques années, une politique du tout incinérateur, des unités surdimensionnées pour traiter des ordures de toute la région au mépris du coût de transport, etc.

La dégradation de la planète, la contrainte écologique nous rattrapent. C’est pourquoi nous appelons à la mise en place d’autres politiques énergétiques de traitement des ordures ménagères, afin de fermer au plus vite ces usines obsolètes et dangereuses.

Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées
Attac
Green Peace Toulouse
Eau-Secours 31