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Numéro 8

Plus personne ne remet désormais en cause la réalité de la crise économique et environnementale.
Une crise qui nourrit fatalement celle d’une société déboussolée.
Forcément, elle ne peut que fragiliser le système et la philosophie politiques sur lesquels l’État et ses institutions s’appuient.
Mais point de remise en question
fondamentale de la part de nos dirigeants
et d’une partie de la société. Face à cette
crise globale, des mesures inefficaces
s’enchaînent, de nouvelles lois aussi au
gré des événements.
Rien ne change parce que les paradigmes
sur lesquels les dogmes reposent restent
invariablement les mêmes. Comme l’explique
si bien Jean-Marie Muller (voir
p. 4), l’idéologie de notre société est basée
sur « une culture de la violence nécessaire,
légitime et honorable ». Violence à tous
les étages qui déborde des médias, colonise
nos cerveaux et commande nos actes
individuels et collectifs. Elle dicte notre
langage et plombe nos relations à autrui.
L’école même, lien entre la sphère familiale
et le monde, inculque l’esprit de
compétition et d’obéissance absolue aux
règles. Prépare-t-elle l’enfant à devenir
un citoyen à l’esprit critique développé,
responsable et solidaire ?
La grande question est : Comment passer
d’une culture de la violence à une culture
de la non-violence ? Tout part justement
de l’éducation qui doit permettre aux
enfants de se construire et se forger une
philosophie de la vie autour de valeurs
humanistes.
C’est aussi à nous, citoyens, de jouer notre
rôle et d’avoir le courage de désobéir
aux lois illégitimes. D’entrer dans une
résistance non-violente active pour changer
la société. Une utopie ? Loin s’en faut.
Une étude récente démontre que sur 323
conflits, les luttes non-violentes ont été
couronnées de succès dans 53 % des cas,
contre 26 % pour les résistances violentes.
Les dogmes de notre culture de la violence,
telle que la puissance de la force,
ne résistent pas à la lumière de la nonviolence.
Des alternatives actives et efficaces
existent pour chaque aspect de
notre société. Pour les découvrir, rendezvous
au festival Camino « Agir pour la
non-violence » qui se déroulera du 12 au
14 juin à Tournefeuille (voir p. 30).
La non-violence est une lutte, elle ne refuse
pas le conflit et construit une relation
de justice avec autrui. Une évidence
quand on change de paradigme. Encore
faut-il le vouloir.

Emmanuel Scheffer