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Quant à l’identité nationale...

19 juin 2007

Les cas d’expulsions de sans-papiers, injustes et inhumains, se multiplient. Les cas suivants ne sont que deux exemples pris parmi tant d’autres ; mais illustrent bien le cynisme du gouvernement et de sa politique d’immigration.

Communiqué de Réseau Education Sans Frontières Ariège :

« Ministère des expulsions… Quant à l’identité nationale…

Parfois, y a pas de quoi être fier d’être français ! Jugez plutôt…

Nous prenions connaissance pour la seule journée d’hier de la signature par la Préfecture de Foix de 4 nouvelles « Obligations de Quitter le Territoire Français ».

Deux exemples :

Mort pour la France !
Le caporal Martinant Guillaume était caporal au 3è RSME/3è CFPCL. Il est mort dans un accident en service le 11 décembre 2006. Il était marié depuis 2005, après plusieurs années de vie commune, avec Madame Ngondo Marthe de nationalité gabonnaise.
Ce décès a donné lieu à nombreuses "indemnisations" de la part de l’armée française à la veuve et aux deux enfants reconnus… Une pension mensuelle d’environ 1000 € lui est versée… Elle a reçu les condoléances de la Ministre des Armées…
Elle a aussi reçu en Avril 2007 un refus de renouvellement de carte de séjour et un arrêté d’expulsion au motif très honorablement conforme à l’article 313 11 4e alinéa du code CESEDA (loi Sarkozy de 2006) : "la carte de séjour temporaire portant mention vie privée et familiale… sauf si sa présence constitue une menace pour l’ordre public… est délivrée de plein droit… alinéa 4… a l’étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n’ait pas cessé depuis le mariage…"
Bien sûr, le 11 décembre 2006 la communauté de vie a pris fin !

Et voilà, comme dirait Léo Ferré « on vit toujours avec des morts », ou plus prosaïquement comme lui répond une employée de la préfecture : « Vous irez dépenser cet argent en Afrique ! »

Le 14 Juin, sur ordre de la Préfecture, la police l’arrête tôt à son domicile de Pamiers, la met en garde à vue pour la journée avant de la conduire au centre rétention de Cornebarieu dans la soirée... S’il fallait rire, on dirait qu’ils ont oublié de prévenir le mari de cet enlèvement !

Lui aurait pu mourir... pour la France (une patrie bien reconnaissante à laquelle on est fier d’appartenir).

Monsieur B. est de nationalité algérienne, né en 1932, il est engagé dans l’armée française de 1951 à 1955 (métropole, Indochine, maintien de l’ordre en Algérie) et titulaire d’une carte et d’une pension d’ancien combattant.
En Octobre 2006 il vient chez sa fille à Pamiers, puis il est hospitalisé (il a aujourd’hui 75 ans) et souhaite rester ici. Plusieurs démarches auprès de la Préfecture où nous pensons qu’il peut obtenir une carte de séjour "retraité" (article L 317-1), on lui répond qu’il n’a pas séjourné en France... Pourtant dans les années 50, l’Algérie était un département français.

Alors l’article L 314-11 dit : "une carte de résident est délivrée de plein droit… alinéa 4… à l’étranger ayant servi dans une unité combattante de l’armée française". On nous répond que c’était compter sans les "accords bilatéraux franco-algériens" qui enlèvent ce droit aux seuls algériens… A voir puisque ce qui n’est pas écrit dans la loi CESEDA.

C’est tout vu, puisqu’en date du 4 juin 2007, le Secrétaire Général de la Préfecture notifie une Obligation à Quitter le Territoire Français précisant qu’il n’exclut pas "l’existence de manœuvres frauduleuses pour se maintenir en France". Lui fera-t-on l’honneur de l’envoyer en centre de rétention lui aussi ?

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Quand on vous dit qu’on n’est pas fier de l’identité nationale !
Nous sommes convaincus que ce sont deux exemples parmi d’autres, bien convaincus que le tout nouveau Ministère de la xénophobie fera du chiffre comme on lui demande dans la famille, bien convaincus qu’un brin d’humanité n’effleure pas ceux qui décident…

Laisserons-nous passer l’orage ?
Laisserons-nous faire en notre nom ?
D’autres exemples et d’autres raisons de dire notre colère… »

Réunion publique d’information, de mobilisation, de vigilance... Pamiers (salle Espaliou) mardi 19 juin à 18 heures.
Conférence de presse à 17 heures 30